
Retracez-nous rapidement votre parcours dans l’entreprise…
Georges Zimboulas: À l’origine, j’ai intégré le groupe RVI en 1976. De 1976 à 1992, j’ai beaucoup bougé au sein du groupe puisque l’usage chez RVI était de ne pas rester plus de 4 ans sur un même site. En 1993, j’ai rejoint Bouthéon pour en prendre la direction, juste avant le rachat de Renault VI par Volvo. Lorsque l’activité boîtes de vitesses a été revendue au groupe allemand ZF, j’ai eu la possibilité de rester en poste afin de poursuivre l’aventure sous la marque ZF Bouthéon.
Comment avez-vous vécu le passage de Renault VI à un grand groupe allemand international ?
Très bien ! Les Allemands nous ont laissé une grande liberté d’action en créant un directoire composé d’un directeur financier (Bernard Chaffiotte) et d’un directeur technique (moi-même). Ce directoire est chapeauté par un comité de surveillance germanique. Mais, nous avons un vrai pouvoir de décision et d’exécution en France. Le fait qu’on me fasse confiance a un effet très stimulant et responsabilisant. La puissance financière du groupe nous permet aussi d’avoir les moyens de nos ambitions. Entre le siège allemand et nous, le circuit de décision est très court et nous avançons vite et bien. Un modèle très intelligent à mon sens !
Que vous apporte votre adhésion au Rhône Alpes Automotive Cluster ?
En rejoignant le Cluster, mon but était d’intégrer une communauté d’intérêt afin d’échanger et de partager des expériences. C’est le principe de « mutualisation volontaire ». Chacun donne de son temps, apporte ses idées et reçoit des informations en retour. Cela évite de se laisser enfermer dans le quotidien ! Ces quelques jours que je consacre au Cluster sont une vraie ouverture. Je suis membre du Club Lean, centré sur la performance industrielle. À travers des séances de réflexion commune et des visites d’atelier, je découvre plein de choses passionnantes. Par exemple, j’ai rencontré une petite entreprise qui a développé un process de pilotage de flux filo-guidé très astucieux et économique. Une alternative au système d’informatique lourd que nous utilisons. C’est fascinant et rassurant de voir toute la richesse et l’ingéniosité de nos entreprises locales !
Vous êtes également très investi à l’INP Grenoble. Comment trouvez-vous le temps de faire tout cela ?
Effectivement, je suis président du comité d’administration de l’Ecole de Génie Industrielle appartenant au groupe Grenoble INP. Nous avons développé des partenariats entre l’INP et des entreprises comme HP, ST Microelectronics, Siemens, Caterpillar, Renault Trucks, Bull autour de projets de recherche et de prospective tant sur l’aspect technique qu’humain ou environnemental. Tout cela prend évidemment pas mal de temps, mais c’est une question d’organisation et puis c’est essentiel si on veut rester agile et anticiper les tendances. C’est un pari sur l’avenir !
Georges Zimboulas, Vice Président Executive ZF Bouthéon


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Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aventure Eve System ?
Frédéric Menière : Après 15 ans de conception de véhicules électriques/hybride dont 3 années chez Renault DR (Direction de la Recherche), je me suis rendu compte qu’il existait un marché de niche très porteur sur des modes de transport « alternatifs ». En créant Eve System avec mes deux associés, notre idée était d’offrir aux PME n’ayant pas en interne les ressources nécessaires, une structure experte capable de leur apporter « clef en main » une solution hybride/électrique embarquée fiable, modulable et économique.
Qui sont vos clients aujourd’hui ?
FM : Notre marché cible se situe dans l’univers du transport en commun ou professionnel. La propulsion électrique/hybride offre de très bon rendement dans l’agricole, le transport fluvial de personnes ou le BTP. Nous travaillons sur des engins agricoles, des bateaux de tourisme, des véhicules de voirie et même des voitures de sport pour le trophée Andros notamment ! Nous n’intervenons pas sur les véhicules particuliers, puisque les constructeurs automobiles développent leurs propres systèmes en interne.
Comment définiriez-vous la différence Eve System ?
FM : Notre force tient dans notre savoir-faire transversal qui englobe l’ingénierie, le hardware, le software, l’intégration mécanique et électronique, le monitoring… Ceci nous permet de développer des systèmes complets de batterie ou de moteur/variateur pour nos clients. Nous maîtrisons la réalisation du système de A à Z, gage de qualité et de sécurité pour nos clients.
Comment voyez-vous l’avenir du moteur électrique ou hybride ?
FM : Il faut savoir qu’aujourd’hui l’électrique/hybride en est encore à un stade expérimental. La réalité, c’est qu’au niveau technologique, les choses ont peu évolué par rapport à 1995, la propulsion électrique ayant subi un gros coup d’arrêt en 2000. Ce n’est qu’en 2010 que les choses ont repris. Tant que le pétrole n’est pas beaucoup plus cher ou que les villes sont ouvertes aux moteurs à combustion interne, je ne crois pas à un développement significatif du marché de grandes séries. Il y a encore trop de contraintes techniques et économiques pour que les constructeurs automobiles s’engagent massivement. Par contre, sur une niche comme la nôtre, le potentiel est réel avec, notamment, des collectivités très demandeuses. Bref, les perspectives sont bonnes !
Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer LUTB/Rhône-Alpes Automotive Cluster ?
FM : C’est une chance d’avoir un pôle de compétitivité à deux pas de chez nous ! Cela nous permet d’avoir accès à une veille technologique précieuse. C’est aussi l’occasion de rencontrer les acteurs du marché : chercheurs, collectivités, équipementiers ou constructeurs. Une bonne manière de rester en pointe et d’anticiper les évolutions à venir tant technologiques que sociétales. Nous participons également à certains projets comme le développement d’un bateau à pile combustible. Ce travail en mode collaboratif est très enrichissant pour nous !
Frédéric MENIERE, PDG de Eve System






